Trois pompiers menacés de mort au couteau


Un jeune SDF, ivre, s’en est pris aux sapeurs-pompiers qui lui portaient secours dans un ascenseur, dimanche, à Nantes. Ras le bol des pompiers, venus en nombre à l’audience.

Comme souvent en comparution immédiate, on juge des faits très graves, commis par des gens très mal en point. Au gré de l’audience, on passe parfois de l’incompréhension à la compassion.

Ce mardi 28 mai, devant une vingtaine de pompiers venus en uniforme soutenir trois collègues victimes, c’est particulièrement éloquent. Un homme désespéré est dans le box. Il lui est reproché d’avoir menacé de mort trois pompiers, un couteau de 20 centimètres dans les mains. C’était dimanche, dans le quartier du Bouffay, à Nantes. Un homme était inerte, allongé dans un ascenseur. En détresse, de toute évidence.

Quand les pompiers sont arrivés, presque aussitôt, il s’est réveillé, les a insultés et menacés. « Il nous a dit qu’il avait fait la Légion étrangère, raconte un pompier. Et qu’il pouvait nous tuer tous les trois, son couteau était ouvert. » Il a même fait le geste de les égorger avec sa main…

Maintenant qu’il a dessaoulé, le jeune homme regrette, évidemment. Mais pourquoi se promène-t-il en ville avec un couteau ? « J’ai déjà été agressé, explique-t-il. Il y en a dans le centre de Nantes, ils ont des couteaux, des pistolets 9 millimètres, ils respectent rien ! »

« Les pompiers n’ont pas à risquer leur vie »

« Mais vous voyez la particularité de cette audience ? interroge la présidente Géraldine Rigollot. Il y a des pompiers dans la salle. Ils n’ont pas à risquer leur vie pour sauver celles de nos concitoyens ! »

« Il est temps que cela cesse, plaide l’avocate des victimes, ces agressions augmentent de 23 % ! » Le procureur se fait ferme : « Dès qu’on agresse un sapeur-pompier, on va en détention, c’est simple. » Il requiert six mois de prison contre cet homme déjà condamné onze fois.

Si son casier est si épais, c’est aussi que la vie ne l’a franchement pas épargné. Il a perdu ses parents, très jeune, avant d’être recueilli dans une famille adoptive. Il a finalement été mis à la porte, il y a cinq ans. Suicidaire, il vit à la rue. « Je me débrouille comme je peux », soupire-t-il.

 

L’homme est condamné à trois mois de prison. Il pourra effectuer cette peine dans un centre de semi-liberté. Mais il doit d’abord purger une ancienne sanction, de cinq mois, mise à exécution par le procureur.

OUEST-FRANCE

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