Les pompiers sont-ils suffisamment armés pour faire face aux incendies ?


3700 hectares de forêt sont déjà partis en fumée. Et cela risque de se poursuivre du fait de la chaleur et de la sécheresse prévus dans les jours qui viennent.

Alerte maximale. Si la chaleur et le beau temps font la joie des vacanciers, elles accentuent aussi le risque d’incendies en forêt. Plusieurs départements du sud du pays ont été fortement touchés par les flammes la semaine dernière : l’Aude, la Gironde ou les Pyrénées-Atlantiques, mais aussi en Corse. Autant de foyers sur lesquels les pompiers ont dû intervenir.

Les feux ne sont qu’une petite partie de leur activité, soit environ 306 000 sur un total dépassant les 4,6 millions d’interventions en 2018. Mais il y a quand même près de 10 000 hectares qui brûlent en moyenne chaque année, essentiellement en été. Un chiffre qui a beaucoup baissé ces dernières années, grâce à une « approche globale de la sécurité civile » pour prévenir les départs de feu, souligne Jean-Pierre Salles-Mazou, directeur du Service départemental incendies et secours (SDIS) dans les Pyrénées-Atlantiques (66).

Le risque est d’autant plus important en cas de fortes chaleurs et de sécheresse importante, comme c’est actuellement le cas. « Des températures plus élevées favorisent la transpiration des plantes et la diminution de l’eau contenue dans les sols. La végétation s’asséchant, le risque de départ de feu est plus fort », explique sur son site Météo France.

Des renforts d’autres départements… et de l’étranger

Pour y faire face, les pompiers sont au nombre d’environ 250 000 en France, répartis entre les différents SDIS. Et aucune zone n’est à négliger, vu que la canicule peut désormais toucher toute la France. « L’été dernier, l’incendie le plus important a été dans le Jura. Aujourd’hui, ça peut aussi toucher des zones qui n’y étaient pas habituées, comme l’Ile-de-France ou le centre du pays », souligne auprès du Parisien le colonel Grégory Allione, président de la Fédération des pompiers de France.

C’est pourquoi la coopération entre les différents SDIS est « primordiale ». Des effectifs humains ou des camions peuvent ainsi intervenir en appui dans un département voisin. À l’échelle de la France, les pompiers disposent de près de 8 000 camions ou fourgons anti-incendies. Dans le cadre du Mécanisme européen de protection civile (MEPC), des renforts peuvent aussi être demandés à nos voisins étrangers.

Lorsque les prévisions font anticiper un risque important de départ de feu, des hommes sont aussi envoyés dans les zones sensibles, pour alerter et pouvoir intervenir le plus rapidement possible. « Vendredi dernier, j’ai 120 hommes qui sont prépositionnés dans les massifs », précise Jean-Pierre Salles-Mazou, du SDIS 66. La consigne est claire : « détention précoce puis attaque massive ».

Car une fois le feu parti, c’est contre sa propagation que doivent lutter les pompiers. Un phénomène très dangereux et potentiellement dévastateur, qui est amplifié par « la force et de la direction du vent, moins sensibles au changement climatique », note Météo France. « Quand un feu se déplace à 2 km par heure, c’est comme s’il allait d’un bout à l’autre d’un terrain de foot en trois minutes », illustre le responsable du SDIS 66. Dans ce cas, les pompiers peuvent aussi faire appel aux 23 avions bombardiers d’eau de la Sécurité civile, dont les 11 Canadair reconnaissables à leur couleur jaune. « Un avion va permettre de faire baisser la température mais il n’est pas suffisant, car le feu se travaille au sol », rappelle Jean-Pierre Salles-Mazou.

L’importance de la prévention

Pour mieux pouvoir lutter, les pompiers ont investi en 2018 à hauteur de 800 millions d’euros pour leur matériel, une somme en très légère hausse par rapport à 2017. Des moyens financiers qui ne sont de toute façon pas toujours suffisants. « On peut acheter tous les avions et camions qu’on veut mais, lorsqu’un feu vous échappe, ça exigerait des moyens qui ne sont pas supportables en termes de coût », souligne le colonel Grégory Allione.

Et certains SDIS sont moins bien lotis que d’autres, et doivent parfois fermer une caserne ou réduire leurs moyens. Au point qu’un appel à la grève chez les pompiers professionnels avait été lancé pour cet été. « La France a globalement les moyens de faire face aux incendies, mais on est inquiet chaque fois qu’un SDIS réduit ses effectifs, même si c’est au centre ou au nord du pays », note encore le président des pompiers de France.

Pour ne pas qu’un feu se propage, le mieux est encore d’éviter… qu’il ne s’allume. Ça va de soi, mais les préfectures et les pompiers ne répéteront jamais assez les messages habituels de prévention, comme ne pas faire de barbecue en forêt ou jeter de mégot de cigarette. D’après le ministère de la Transition écologique, l’activité humaine est responsable de 90 % des départs de feu, plus de la moitié « pourraient être évités en appliquant les bons gestes au quotidien »

 
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