Le ras-le-bol des sapeurs-pompiers


Sébastien Delavoux, animateur du collectif CGT des SDIS, était « L’invité de l’actu » dans la matinale de Sud Radio du 15 mai animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Il revient sur la sécurité des pompiers, de plus en plus remise en cause.

« On a des indicateurs qui ne sont pas fiables, puisqu’il n’y a pas de distinction entre une insulte, du crachat, une menace de mort ou une tentative d’homicide »

Les agressions contre les sapeurs-pompiers sont de plus en plus courantes, avec une hausse spectaculaire de 23%. Pour y remédier, une mission d’information reçoit le 15 mai la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF). « Les agressions touchent de plus en plus les sapeurs-pompiers, confirme Sébastien Delavoux, animateur du collectif CGT des SDIS. Notre premier problème, c’est qu’on a des indicateurs qui ne sont pas fiables, puisqu’il n’y a pas de distinction entre une insulte, du crachat, une menace de mort ou une tentative d’homicide. Chacun est une agression. Il y a des actes très graves, comme les guets-apens, mais peu nombreux au regard du nombre d’interventions« . À Toulouse, il y a quelques jours, il y a eu trois guets-apens en 48 heures. Pour quelle raison ? « Pour certains, on représente visiblement l’autorité mais on a rarement l’occasion d’en débattre avec eux« .

« En 2016, c’était 5 sapeurs-pompiers agressés pour 10.000 interventions et en 2017 c’était 6 pour 10.000 interventions. Ce qu’il faut comprendre, c’est pourquoi il y a une hausse. Est-ce que c’est directement le ressentiment ou est-ce que ce sont les actes en eux-mêmes ? » 

« Les actes graves augmentent, mais le ras-le-bol des sapeurs-pompiers aussi »

« Les actes graves augmentent, mais le ras-le-bol des sapeurs-pompiers aussi. Il y a une dégradation de la relation des pompiers avec la population. Un manque de respect qui s’installe. Ça existait déjà avant mais aujourd’hui, il n’y a plus un jour où on n’est plus insulté.

Il y a des interventions sur lesquelles les sapeurs-pompiers sont agressés et on se demande pourquoi ils sont sur ces interventions. Quand on part en renfort des policiers pour rixe et qu’on arrive les premiers, on a plus de chances d’être pris à partie alors qu’à la base il n’y a pas de blessé et qu’on n’est pas forcément les mieux à même d’intervenir. On n’est pas là pour interpeller les gens. Là où ça se passe le mieux, c’est quand chacun fait son métier« . 

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