Il sort une carabine devant les pompiers


Les faits reprochés sont parfois en totale inadéquation avec l’attitude du prévenu à l’audience. C’est le cas de cette affaire rocambolesque qui aurait pu avoir des contours beaucoup plus dramatiques. Le prévenu qui s’exprime est calme, a la voix posée et le discours cohérent. Lorsqu’on l’entend s’exprimer, on est loin de se douter des accusations portées contre lui.
Pourtant, un soir, son épouse appelle les pompiers, car celui-ci ne répond pas. Une fois arrivés sur place, devant son domicile situé à Palluau-sur-Indre, celui-ci, passablement énervé et sous l’emprise de l’alcool, demande aux pompiers de sortir, puis brandit une carabine à air comprimé devant la porte d’entrée et tire deux ou trois coups de feu en l’air. A la vue de l’arme, les pompiers se cachent derrière un véhicule pour se protéger, avant que le forcené ne soit interpellé.
Face à ces faits, l’accusé fait amende honorable. Il déclare : « J’ai tiré deux fois à vide, je ne comprenais pas pourquoi les pompiers restaient sur la voie publique. Par énervement, de les voir, j’ai pris ma carabine à air comprimé. J’étais sous l’emprise de l’alcool, je n’avais pas une belle vie de couple, ça n’allait pas au boulot. Ce jour-là, j’ai bu un tiers d’une bouteille de whisky. J’ai fait la chose qu’il ne fallait pas faire ».
Pour la présidente, Amélie Daguet, « les pompiers sont là pour sauver des vies. Ils ne sont pas experts en armes. Ils ne savent pas ce que vous allez faire ». Amenés à témoigner, les deux victimes, des sapeurs-pompiers expérimentés, déclarent : « On ne savait pas que le fusil n’était pas chargé. On vient pour sauver des vies ».
Me Bayard, avocate des parties civiles, ne décolère. « La philosophie des pompiers est de sauver des vies. Sa compagne s’inquiétait pour lui, elle a demandé aux pompiers d’intervenir. Quand on a une personne dont on sait qu’elle est psychologiquement fragile, avec une arme, on se pose des questions. Il leur a dit qu’il allait faire une grosse connerie. Ils ne sont pas habitués à être accueillis avec un fusil. »
Laëtitia Biardeau-Schwok, substitut du procureur, confirme ces propos. « Ils ont fait preuve de beaucoup de pudeur mais la peur a été présente au moment des faits. Les interventions suivantes ont été différentes car lorsqu’on a été confronté à une telle violence, ça vous marque. On voit la peur qu’il y a eu pour les sapeurs-pompiers, ils se sont cachés derrière leur véhicule. »
Le prévenu sera condamné à deux mois de prison avec sursis, avec l’obligation d’effectuer 70 heures de travaux d’intérêt général sur dix-sept mois, avec obligation de se soigner, de travailler et d’indemniser le Trésor Public. Il devra verser 1.000 € de dommages et intérêts à chaque victime, et 500 € au Sdis 36. Il devra également s’acquitter des frais de justice à hauteur de 500 €.

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