Un pompier aspergé d’acide sulfurique

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Le tissu spécial l’a protégé du liquide corrosif jeté par un déséquilibré mercredi à Paris. L’agression a aussi visé l’agent d’accueil qui venait d’éteindre un départ de feu dans un foyer de jeunes travailleurs.

C’est une agression de plus contre les pompiers. En septembre dernier, deux soldats du feu avaient été attaqués au couteau par un déséquilibré à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). L’un était décédé, l’autre grièvement blessé. Cette fois, c’est en plein Paris qu’un pompier a été aspergé à l’acide, lors d’une banale intervention pour un incendie.

 

Mercredi après-midi, à 17h15, deux plaques de cuisson prennent feu dans le hall du Centre du logement des jeunes travailleurs (CLJT) des Amandiers, dans le XXe arrondissement de Paris. Un résident de 28 ans, connu pour des antécédents psychiatriques, quitte précipitamment le foyer.

 

Le bureau de Samuel*, animateur socio-éducatif et agent d’accueil, donne sur le hall. Il éteint seul le départ de feu puis prévient les pompiers « pour être sûr d’avoir bien fait les choses ». Ceux-ci débarquent rapidement sur les lieux. Au téléphone, on leur a simplement signalé une « personne agitée ».

L’agresseur interpellé

Quelques minutes plus tard, le résident se représente à l’accueil, une bouteille en plastique blanche d’acide sulfurique à la main. Tout en hurlant contre un prétendu complot visant sa personne, il asperge un pompier et l’agent d’accueil au niveau du visage, du torse et des bras. Quatre secouristes le plaquent immédiatement au sol. Dans la foulée, les pompiers se ruent sur leur camion, rue de Ménilmontant, et dirigent une lance à incendie sur les deux victimes afin de les rincer.

L’acide sulfurique est susceptible de provoquer des brûlures cutanées et des lésions oculaires graves. Le pompier visé, chef de sa caserne, portait heureusement sa combinaison d’intervention. S’il a été temporairement aveuglé, le tissu spécial l’a considérablement protégé. La police finit par intervenir et interpeller l’auteur présumé des faits.

Ce jeudi, toujours éreinté, Samuel se dit en « colère ». L’agent d’accueil victime du jet d’acide avec le pompier a encore la voix tremblante lorsqu’il évoque l’incident. Depuis son arrivée dans ce foyer pour jeunes majeurs en mars 2017, il n’avait jamais vu une telle violence.

Manque de sécurité

Le déséquilibré, en revanche, avait été repéré. « Cela faisait quelque temps qu’il était agressif, que c’était chaud », confie Samuel. « Il était menaçant, s’embrouillait avec les résidents. Il leur faisait des croche-pieds. »

S’il reconnaît que l’attaque était « imprévisible », il se plaint d’un manque global de sécurité. « Il nous aurait fallu une personne de plus. Gérer cela seul, c’est impossible. Après l’agression, j’étais en caleçon dans le camion des pompiers car je m’étais rincé, et je devais en même temps donner des clés aux jeunes du foyer pour qu’ils puissent accéder au bâtiment ! Ce n’est pas normal. »

Le déséquilibré avait été admis une première fois au foyer en 2015, puis l’avait quitté avant d’y revenir vivre depuis un an. Le pompier et l’agent d’accueil aspergés d’acide ont porté plainte contre l’auteur présumé des faits. Après examen médical, sa garde à vue a été levée et il a été conduit à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police.

Jointe, la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris dénonce un « acte gratuit d’une violence incompréhensible » et s’est dite « satisfaite que le pompier visé s’en sorte bien ».

Le Parisien

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