Le maire donne jusqu’au 1er janvier aux pompiers pour partir de la caserne

22 décembre 2017

La municipalité veut récupérer les bâtiments communaux qui servent de caserne aux pompiers. Lassé d’avoir signalé cette intention au Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), qui s’en est selon lui désintéressée, le maire a fixé un ultimatum lors du banquet de la Sainte-Barbe.

Ancien président du Service intercommunal d’incendie et de secours du Douaisis (SISID), Joël Pierrache, le maire, connaît bien le monde des pompiers. Il n’a rien contre eux, bien au contraire. C’est avec leur tutelle, le conseil départemental, qu’il est en conflit.

La municipalité a concédé, de tout temps, des locaux aux pompiers de Pecquencourt. Quand ils ont été rejoints par ceux de Lallaing, fin 2015, l’effectif passant de 25 à 56 pompiers, elle a mis à leur disposition un bâtiment supplémentaire. Ces bâtiments, le maire veut les récupérer car il en a besoin. «  J’ai prévenu le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) depuis des mois et des mois. J’ai écrit deux fois cette année à Nicolas Siegler, 1er  vice-président du SDIS, sans recevoir de réponse. J’ai rencontré le directeur départemental du SDIS.  » Rien n’a avancé. D’où sa mise en demeure officiellement signifiée au SDIS lors du banquet de la Sainte-Barbe, samedi : merci de libérer les locaux pour le 1er  janvier. Ou plutôt le 1er  février, le temps de bien ranger les uniformes dans les valises et d’enrouler comme il faut les tuyaux autour de leurs tuteurs.

« Cela fait des années que j’attends une caserne »

 

La réaction du maire s’explique aussi par une autre raison : «  Cela fait des années que j’attends une caserne à Pecquencourt. Rien n’est prévu sur ce sujet l’année prochaine.  »

Un troisième facteur est sans doute aussi en cause : la caserne de Waziers, payée cinquante-cinq millions de francs, dans les années 90, par les communes de l’arrondissement adhérentes au SISID, a été cédée pour… l’euro symbolique au SDIS, par le SISID dont la dissolution a été prononcée il y a quelques semaines, par le préfet. C’est la loi de départementalisation, en 1996, qui a obligé les services intercommunaux dédiés à la lutte contre l’incendie à mettre à disposition du SDIS ces casernes, tout en en restant propriétaires. M. Pierrache reste convaincu que les communes du SISID se sont fait voler, dont Pecquencourt, et qu’il a avalé une couleuvre de la taille d’un tuyau anti-incendie. Christian Poiret, dernier président du SDIS, répond qu’il n’avait pas le choix.

Si M. Pierrache apprend que le SDIS prévoit la construction d’une caserne en 2019, il pourrait reconsidérer sa position. La ficelle est un peu grosse, diront certains. En attendant, les pompiers ont un mois pour trouver un nouveau propriétaire (vaste garage obligatoire).

 

LA VOIX DU NORD