Négociations ouvertes en Seine-Maritime


Avancement, recrutement, pouvoir d’achat… Pour tenter de répondre aux revendications des pompiers, le Sdis de Seine-Maritime a ouvert des négociations le 31 janvier 2019.

Face à la colère montante et aux revendications des sapeurs-pompiers de Seine-Maritime, des négociations ont été ouvertes au Service départemental d’incendie et de secours (Sdis). Une première réunion a eu lieu jeudi 31 janvier 2019 entre les représentants du personnel, ceux de la direction et le président André Gautier. Des premières solutions ont été abordées.

Une enveloppe budgétaire mise sur la table

Les deux principaux syndicats ayant eu des postes aux élections professionnelles, la CGT et le syndicat autonome étaient présents autour de la table, tout comme le syndicat avenir-secours. Durant les trois heures de discussion, André Gautier assure « avoir échangé dans la transparence totale » :

 

On partage des constats, comme l’activité opérationnelle de plus en plus importante avec des effectifs qui ne sont pas à 100 %. J’ai donné la réalité financière du Sdis et ce sur quoi nous pouvons discuter : les recettes dont nous disposons pour apporter des éléments de réponse.

Trois thèmes principaux ont été abordés : le recrutement, l’avancement de grade et le pouvoir d’achat. Plusieurs solutions concrètes ont été avancées. En ce qui concerne le recrutement,  plusieurs sessions de formation initiale auront lieu afin de pourvoir 100% des postes de sapeurs-pompiers budgétés. Actuellement, 866 postes sont pourvus sur les 896 inscrits au budget.

Au niveau national, le Sdis 76 entend aussi faire pression sur le gouvernement avec les autres Sdis afin de demander une meilleure rémunération et une suppression de certaines interventions de carence, comme le transport ambulancier, qui occupe beaucoup les pompiers. Une enveloppe budgétaire globale a été annoncée aux syndicats. Ils devront décider comment ils souhaitent que cet argent soit réparti entre le recrutement, l’avancement et le pouvoir d’achat.

Une négociation entre les syndicats

Chaque syndicat s’est lancé dans des calculs afin de répartir au mieux cette somme. La CGT entend prioriser le recrutement et l’avancement. Le syndicat autonome souhaite avant tout du pouvoir d’achat par la revalorisation de l’indemnité administrative de technicité (IAT) ou des tickets restaurants.

« Nos collègues ont du mal à comprendre que l’avancement de grade, c’est aussi du pouvoir d’achat et qu’un point d’IAT (prime), on ne cotise pas dessus pour la retraite, déclare le secrétaire général de la CGT Sdis 76, Mathieu Gibassier. Quand j’entends les collègues dire on est sur-sollicités, l’effectif de 60 sapeurs-pompiers en plus sera forcément bénéfique. »

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Pour le trésorier du syndicat autonome, François Joutel, les petits coups de pouces sur le pouvoir d’achat permettraient d’augmenter l’attractivité du Sdis. « Aujourd’hui, de nombreux collègues pensent à partir dans d’autres Sdis ou à changer de profession. Ils sont de plus en plus démotivés. »

Ces nouveaux postes annoncés serviront tout juste à combler ces départs. Il faut une réorganisation des ressources humaines afin de mieux anticiper les recrutements et mieux répartir les postes.

Les organisations devront se mettre d’accord avant de mettre leurs propositions sur la table lors de la prochaine réunion prévue vendredi 8 février 2019.

Mobiliser des fonds par d’autres moyens

Le président du Sdis a pu constater l’attente très forte suscitée par ces négociations chez les sapeurs-pompiers. Près d’une centaine d’entre eux l’attendaient de pied ferme à la sortie de la réunion. Il a pris le temps d’échanger avec eux. « On le remercie d’avoir discuter avec les gens sur place. Il y en avait besoin », souligne François Joutel.

Le président a conscience que le « Sdis 76 coûte moins cher par habitant que la moyenne des Sdis de même catégorie ». Impossible selon lui de demander plus au Département, qui donne 300 000 euros de plus chaque année et finance 10% des investissements dans les casernes », ni aux communes sollicitées à hauteur de 5% supplémentaires chaque année.

« Nous étudions de nouveaux leviers de financements afin de mobiliser des moyens, indique André Gautier. Je ne peux pas en dire plus tant que les négociations sont en cours. » André Gautier espère aboutir à un protocole d’accord à la mi-année avec les sapeurs-pompiers, quand les excédents de l’exercice 2018 seront connus. « Il n’y aura pas d’accord qui soit un marché de dupe », prévient-il.

76actu

 

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