Un monde sans pompier ?

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Que serait un monde, une société, sans pompier ?

C’est à cette question qu’ont tenté de répondre les pompiers des Ardennes, qui viennent de publier une vidéo choc sur la question.

Une vidéo qui a pour but de promouvoir l’engagement en tant que sapeur pompier volontaire. Cet engagement tend à se raréfier aujourd’hui. Les volontaires sont de moins en moins nombreux, dans les Ardennes, comme dans toute la France.

La situation pourrait par ailleurs s’aggraver dans les prochains mois, y compris avec les pompiers volontaires déjà engagés. En effet, une directive européenne sur le temps de travail vise à imposer un temps de repos égal au temps de travail effectué dans la journée. Le 21 février 2018, la Commission de justice européenne (Cjue) s’est en effet prononcée sur la notion de temps de travail. Elle reconnaissait les sapeurs-pompiers volontaires comme des professionnels. Une décision connue sous le nom de l’arrêt Matzak, en référence au soldat du feu à l’origine de l’affaire. Cette directive n’est toutefois pas inscrite pour le moment en droit français.

Concrètement : un sapeur pompier volontaire devra respecter un temps de repos et ne pourra plus se mettre d’astreinte à l’issue de sa journée. Or, ceci est le lot de la majorité des sapeurs pompiers volontaires de France. Cette directive apparaît donc comme un énorme coup de massue et un danger réel pour les secours en France.

 

Pour rappel l’effectif des sapeurs-pompiers est de 246.800 personnes (en 2016) dont :

  • 40.600 sapeurs-pompiers professionnels (16%)
  • 193.800 sapeurs-pompiers volontaires (79%)
  • 12.300 militaires (5%)

En 2016, les sapeurs-pompiers ont effectué plus de 4.542.400 interventions :

  • 285.700 incendies (-5%)
  • 3.793.800 secours d’urgence aux personnes (+3%)*
  • 52.900 risques technologiques
  • 410.000 opérations diverses (+1%)

Soit 12.445 interventions par jour (1 intervention toutes les 6,9 secondes) pour plus de 3,6 millions de victimes prises en charge chaque année.

C’est dire l’énorme danger et les conséquences pour la population française que représenteraient l’application de cette directive, cumulée au manque de recrutement. En Bretagne comme dans le reste de la France, notamment à la campagne, en journée, il est déjà difficile de mobiliser du monde dans les casernes. Certains secteurs sont peu desservis. Les temps d’attente entre l’appel aux secours et leur arrivée sont très longs. Ceci ne garantit pas l’égalité de la population et le droit de chacun à la sécurité.

Mais les choses pourraient s’aggraver avec ces nouvelles applications.

Quelques chiffres sur les pompiers en Bretagne

En 2017, les effectifs du service départemental d’incendie et de secours du Finistère étaient répartis de la manière suivante :

  • 452 sapeurs-pompiers professionnels,
  • 2050 sapeurs-pompiers volontaires.
  • 131 personnes composent les filières administratives et techniques.

Le département des Côtes-d’Armor comptait 2 348 pompiers volontaires en 2017 (88% des pompiers costarmoricains).

Du côté de l’Ille et Vilaine, on recense 2 949 sapeurs-pompiers volontaires (dont 204 au service de santé et de secours médical), 641 professionnels et 154 personnels administratifs et techniques.

Dans le Morbihan, 2644 pompiers volontaires, et 344 professionnels.

Enfin, en Loire Atlantique, les effectifs sont composés de la façon suivante :

  • 3738 sapeurs-pompiers volontaires
  • 734 sapeurs-pompiers professionnels
  • 384 personnels administratifs, techniques et sociaux
  • 14 sapeurs-pompiers professionnels du service de santé et de secours médical

Au total donc, on retrouve environ 16 000 pompiers (volontaires et professionnels) dans toute la Bretagne historique, au service de la population.

Comment devenir pompier volontaire ?

La loi du 20 juillet 2011 relative à l’engagement des SPV et à son cadre juridique définit «l’engagement citoyen en qualité de sapeur-pompier volontaire comme une activité reposant sur le volontariat et le bénévolat, exercée dans des conditions qui lui sont propres».

Cet engagement citoyen est librement consenti et ouvert à tous. Cependant, il est régi par quelques conditions, précisées par le décret relatif aux sapeurs-pompiers volontaires :

  • Avoir 16 ans au moins avec un consentement écrit du représentant légal pour les mineurs (âge minimum de 21 ans pour être officier)
  • Résider légalement en France
  • Être en situation régulière au regard des obligations du service national
  • Jouir de ses droits civiques
  • Absence de condamnation incompatible avec l’exercice des fonctions
  • Remplir les conditions d’aptitude médicale et physique adaptées et correspondantes aux missions effectivement confiées

Pour accéder au grade de lieutenant, les candidats doivent justifier d’un diplôme au moins de niveau II, soit Bac+3.

Pour accéder au grade de capitaine, il convient de détenir un diplôme de niveau I, soit un Bac+5.

Pour les sapeurs-pompiers volontaires du SSSM : détenir le diplôme de médecin, de pharmacien, d’infirmier, de vétérinaire ou de psychologue et être inscrit à l’ordre correspondant défini par le code de la santé publique. Il est possible d’engager des étudiants en médecine admis en 2e année du 2e cycle (soit la 4e année) ou admis au 3e cycle (soit la 7e année) pour participer aux activités du service.

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